Quel esprit et quel comportement pour suivre une VOIE ?

Le titre de la conférence de ce soir est: « L'esprit et le comportement d'un disciple d'une VOIE. Quel esprit et quel comportement ? "

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" Comme d'habitude, on va essayer d'éclaircir chaque terme pour que nous puissions partir sur les mêmes bases au niveau de la sémantique. Cela est essentiel dans la communication.

On va prendre le mot "disciple" et pour cela on va s’aider d'un dictionnaire. Ainsi, on sera tout à fait tous d'accord.

Il y a marqué sur ce dictionnaire « personne qui reçoit l'enseignement d'un maître ».

On va regarder le mot VOIE. Dans toute les significations du mot VOIE celle qui se rapprocherait le plus du sens de cette conférence c’est « direction conduite suivie façon d'opérer ».

On ne va pas regarder la signification du mot maître cela vient de « maîtrise, maîtriser ».

Mais on voit que le sens courant c’est « disciple d'un maître, sur un chemin une façon d'opérer ».

Le titre de conférence n’est pas ce sens-là : c’est disciple d'une voie, disciple d'une discipline. C’est que dans le zen vekidjo c’est un petit peu différent.

Les anciens que l’on peut appeler "maître" si effectivement on amalgame le mot "anciens" à la maîtrise.

Les anciens témoignent, transmettent les outils, le savoir-faire, le savoir-être, éclairent, expliquent pour que les étudiants perdent le moins de temps possible et propose des expérimentations. Mais il est dit dans cette voie "qu’on suit une voie", mais quelle que soit la personne qui transmet cette voie, on est toujours très attentif à ne pas suivre cette personne tout en suivant l'enseignement. Cela paraît peut être un peu paradoxal mais c'est vraiment important.

C’est important parce que même une  personne éveillée pourrait dans son processus biologique à un moment donné basculer dans un état un peu particulier, ...,  qui éloignerait ces personnes de la position d'être témoin et de la position d'être "transmettrice". C’est pourquoi à partir de ce risque dont ne sait pas s'il peut être minime ou pas, mais il est probable, donc il est nécessaire d'être attentif.

Et cela nous amène à la notion de disciple en tant que personne qui va, en fait, suivre non pas un maître, mais suivre tout ce qui est du domaine de la transmission.

La transmission est au travers de la propre expérience d'une personne. À partir de ce qui a été aussi transmis à cette personne, ces deux éléments faisant un ensemble. Il va y avoir transmission.

Donc c’est cette transmission, c’est tout cet ensemble que le disciple va suivre.

Ceci posé, cet élément extrêmement important que je vous invite à expliquer autour de vous pour éventuellement aider des gens qui suivraient plutôt une personne qu’une discipline, une personne plutôt qu'une voie, même si, cette personne semble incarner la discipline ou semble incarner la voie en question.

Maintenant concernant l'esprit et le comportement de cette personne appelée disciple. Dans le thème de la conférence, il y a deux aspects, il y a l'aspect de l'esprit et l'aspect du comportement. Alors la notion d'esprit est très toujours très vaste et dans le ZEN ça fait toujours sourire. Mais ça nous aide à réfléchir, donc on utilise des mots et ce mot là, « esprit », en particulier.

En fait, qu'est-ce qui anime la personne qui a pris la position de disciple, a pris l'engagement de suivre une voie. C'est la première question. La réponse à cette question serait particulièrement bienvenue si c'était du domaine de la résonance, c'est-à-dire que le chemin en question, la discipline en question et tout ce qui est transmis résonne dans le disciple. Trouve un écho à ses aspirations, à ses besoins, à son intuition, et ce serait vraiment la cerise sur le gâteau, si faisait suite à sa FOI. Vous entendez bien que je n'ai pas parlé de raisonnement, de concept, de constructions mentales, parce que c'est vraiment très différent.

Donc, là on ne passe pas par le processus de raisonnement. Résonance, c’est un petit peu différent, ça fait vibrer quelque chose à l’intérieur qui est antérieur au processus cognitif, une sorte d'écho à un appel profond, de connaissances, de compréhension, d'expérimentation, pour aller vers quelque chose qui vibre, qui est sourd et qui est indistinct, et qui est là comme un appel profond, une nécessité.

Donc cette forme d'esprit, c'est l'esprit premier d’une personne qu'on appelle disciple. Je ne vais pas procéder par négation c’est à dire expliquer quels sont les états d'esprit qui ne correspondent pas à celui de disciple, je préfère passer directement sur les aspects qui sont en lien direct avec cela.

Lorsqu'une  personne est, à partir de cette définition, un disciple d'une voie, il lui est nécessaire de construire ou de renforcer cet état intérieur que je viens d'expliquer et de le bâtir autour d'une capacité qui est l’attention et cette capacité d'attention.

Elle va avoir comme dynamique première de se mettre en œuvre à partir du souffle, à partir du corps, de la chair, des os, du sixième sens, Donc, c'est un exercice important essentiel une sorte de condition sine-qua-non pour pouvoir faire que cette attention dans ce souffle, dans cette chair, résonne encore une fois avec l'esprit premier du disciple. De ces trois éléments-là, va naître l'observation, la capacité d'observer tout ce que les 6 sens de base perçoivent. La capacité d'observer les émotions, la capacité d'observer les productions mentales.

Lorsque cette capacité augmente, il y a comme une sorte de non-attachement entre toutes ces perceptions, sensations, productions diverses et l’attention, et la chair et le souffle. Il n'y a pas détachement, il y a moins d'attachement, de moins en moins d'attachement. Cette capacité d'observation donc grandit, s'approfondit s’élargie, prend du volume, peu importent les images que l’on peut prendre pour parler de cette croissance, de cette capacité. Donc dans les outils, la façon de les utiliser, l'état d'esprit, le savoir-faire pour les mettre en œuvre, les conséquences qu'on vient de décrire, et bien apparaisse le développement de ces capacités.

L'aspect ensuite, par le temps qui passe, qui est indispensable à se rappeler, c'est l'aspect de la fraîcheur de cet état d'esprit que je viens de décrire, la fraîcheur et le renouvellement de cette fraîcheur. Le cerveau humain est fait de telle façon que lorsque quelque chose de nouveau, on capte la nouveauté, et souvent on est attiré par cela comme un adolescent. Et dès que on croit que l'on a dessiné les contours, vu les couleurs, les formes etc. etc. et bien, on ne voit plus, on a on ne sait plus regarder, on ne sait plus percevoir, donc l'esprit n'est pas neuf, Donc l'esprit du disciple, c’est de mettre en œuvre une attention, pour que l'esprit premier, les capacités premières dont je viens de parler, soit régénéré par cette dynamique d'esprit neuf.

Un autre aspect est celui de cet esprit neuf, de ces capacités, de ces esprits premiers que dont je viens de parler, et leur mise en œuvre dans les expérimentations. Les expérimentations sont des champs d'expérience pour développer ces aspects, afin que soit dévoilé à notre esprit d'observation, à notre étude des consciences, une conscience plus profonde, pour être de moins en moins le sujet de nos productions et l'objet de nos productions, c'est-à-dire que cela ne s'incarne que lorsque cette conscience de moins en moins obscure, de plus en plus éclairée, va pouvoir choisir parmi ces productions, celle qui lui semble relativement adaptée à la situation présente, et en cohérence avec la conscience de l’instant. Donc de vivre les expérimentations comme des expériences nécessaires au cheminement sur cette sur la VOIE quelle que soient la Voie. Et la fraîcheur de l'esprit va intervenir particulièrement au fur et à mesure de ses expériences, de ces expérimentations, comme une comme une garante de l'efficacité des expérimentations, des expériences qui sont données à vivre. Car dans ces expériences, si un autre esprit que celui défini ici, prenait la main sur l’être, l'expérience serait filtrée par tout un tas de tamis, de peurs, d'illusions et finalement, viendra servir cette dynamique de peurs et d'illusions et ne viendra pas servir l'esprit du disciple, du coup, le comportement serait être tout à fait différent.

C'est donc par la mise en œuvre de cet esprit frais, l'esprit du disciple à partir des trois bases que son l’attention, le souffle, et la chair, que le comportement va être de plus en plus cohérent, avec ses trois bases et réciproquement, en mettant en œuvre un comportement approprié, qui fait partie des outils d'une voie. Le disciple vient développer ses trois bases, les deux se nourrissent (l'ensemble formant la base et le comportement), dès que l'esprit premier  s’endort et que l'égarement, c'est-à-dire la non-incarnation de cet esprit premier, cette non incarnation apparaît, le comportement est modifié.

Un petit peu, de définition sur le comportement. On ne peut pas séparer la manière d'être, d'agir, de s'exprimer, de marcher, enfin tout ce qui est attitude et comportement, de l'état d'esprit premier. Parce que, si l'on prenait une attitude ressemblant au comportement cohérent ; ça ne tromperait que les personnes qui ne voient que l’aspect extérieur. Et ça ne tromperait surtout pas la conscience du disciple qui sait bien que la cohérence n’est pas là et que, il y a là un jeu théâtral, qui n'est pas conforme avec la notion de disciple, donc, qui n’est plus conforme avec la notion d'aspiration profonde que j'ai exposée au début.

Donc, on voit bien que la notion d'esprit premier et comportement cohérent sont tout à fait inséparable. Lorsque tout ça est en place et que tout cela vit ou est recadré, si on s'aperçoit qu'on est égaré un moment donné, ce qui est du domaine du probable et même du normal. Au début, le disciple se fatigue, il faut donc se recentrer, se reverticaliser, se remettre en action, en route, puisqu’on est sur une voie,

Donc, il est absolument nécessaire, de mettre en œuvre cette cohérence pour d'une part ne pas perdre de temps sur ce chemin dans cette vie qui est une bulle de savon, qui passe très vite, qui peut cesser, s'arrêter en un éclair, et d'autre part, ce que, vivant en interdépendance avec tous les autres êtres- je parle du vivant dans son ensemble - un être qui est en cohérence n'a pas la même vibration, n'émet pas les mêmes choses que lorsqu'il est en incohérence. Ça veut dire que les autres qui sont en échange étroit avec notre être, le perçoivent consciemment ou inconsciemment, et dans une Voie, la notion d'interdépendance est aussi centrale que la notion d’impermanence, c'est-à-dire qu’une Voie ne se pratique jamais seul, la notion de seul, elle n'existe plus pour un disciple d’une Voie. Car il comprend que tout est interdépendant qu’à chaque moment qui passe, la vie de tous les êtres et la sienne résonnent s'échangent, s'alimentent, il y a pour nos sens une différenciation mais finalement il n’y en a pas, donc c'est la deuxième raison pour laquelle le disciple d’une Voie doit mettre vraiment un point d'honneur à mettre en œuvre cette attention, cette observation, ce recentrage entre terre et ciel pour avoir cette phase complémentaire de cohérence qui va former un ensemble.

Nous avons donc maintenant là, parlé, évoqué les différents points du thème de la conférence « quel esprit et quel comportement pour devenir, être le disciple d'une voie ».

Est-ce que vous avez des questions ?

Combien de temps faut-il pour passer du disciple au maître. Est-il nécessaire de s'engager ?

On va commencer par la fin de la question.

Il y a notion d'engagement : certainement. Suivre une Voie implique un engagement par rapport à sa propre conscience déjà, même si au début, elle est plus ou moins importante, large, profonde, peu importe l’adjectif que l’on va mettre dessus. Cela demande forcément des efforts, des choix, pour son existence, il faut du temps pour étudier les outils, il faut du temps pour arriver à incarner en cohérence ce que j'ai expliqué.

Ensuite, lorsque le disciple utilise tout ça, au fur et à mesure, plus ou moins rapidement, et ça dépend de sa cohérence profonde, ça dépend des informations et la force des informations qui sont dans son être. Tout ça va être un ensemble de conditions, qui va faire que plus ou moins rapidement par rapport au début de son cheminement, plus ou moins rapidement, cette conscience va être de plus en plus claire par rapport à tous les processus de fonctionnement, puis il va peut-être passer vers l'Expérience, l’être va peut être passer vers l'expérience mystique, puis ensuite, être dans une dynamique d'une nouvelle mise en cohérence, par rapport à ce qu'il y avait avant l’expérience mystique. Puis ce qu'il y a après, et quand cette cohérence nouvelle apparaît, s'incarne, il n'est plus disciple d'une Voie, puisque finalement la Voie comme l’être est vide, sans phénomène.

Le disciple devient un être qu'on qualifie, dans le zen, incarnant "la condition normale du corps et de l’esprit". Donc, le temps du "disciple" va s'arrêter à ce moment-là et cet être-là, ensuite, va transmettre à son tour les outils, l'esprit de la mise en œuvre des outils, le savoir être et le savoir-faire, comme c'est depuis des milliers d’années.

Concernant la durée, tous les paramètres que je viens de citer, sont des éléments, des facteurs, qui vont conditionner cette notion de durée et finalement ce n’est pas très important ; ce qui est le plus important, c'est l'esprit du cheminant, l'esprit du cheminement, l'esprit du disciple, cette cohérence dans les comportements qui est important car à chaque fois qu'il y a cohérence, c’est déjà un être qui est fort de cette cohérence.

Donc, le problème de la durée pourrait se poser mais il n’est pas important à partir du moment qu’il y est cette cohérence. La durée qui se poserait signifierait : attente, objectif. Ce domaine, souvent dans notre société, mis en avant, cette notion d'efficacité, de rapidité, de profit, voire utiliser quelque chose rapidement, arriver à la fin, passer à autre chose, etc., etc. . . . n’appartient pas à la Voie. Mais en même temps, la Voie c’est l’existence, donc, on ne peut ôter absolument rien, de toute cette existence qui serait en dehors du cheminement.

Est-ce que j'ai répondu à la question ?

Une autre interrogation ?

Est-ce que toutes les informations qui apparaissent sont des aides ou des entraves au cheminement ?

Ce ne sont ni des entraves, ni des aides. Notre, nos capacités de perception, de sensations, d'observation des productions mentales, qu’elle soit intellectuelle, qu’elle soit émotionnelle, sont simplement perturbantes pour la conscience de l'instant, de l'individu, plus ou moins, plus ou moins perturbantes. Elles ont un potentiel, on va dire, de perturbations, par rapport à la conscience de l’individu ; mais si l'individu met bien en œuvre les trois piliers d'attention, de souffle dans la chair, cette capacité d'observation, la force de tout cela n'a pas de prise.

Si la mise en œuvre est insuffisante dans le temps ou n'est que partielle dans la qualité, et bien, immédiatement, la force de ces informations aura beaucoup plus de prise, et du coup, transformera un disciple en non-disciple.

Cependant, ces égarements, c'est-à-dire le fait que, l'esprit et le comportement du disciple n'aient pas été présents au moment de cette production d'informations puissantes, cet égarement va aider le disciple, quand il va revenir à lui en tant que disciple, pour augmenter sa puissance de disciple. C'est un peu comme le processus de stress, c'est-à-dire quand on arrive dans une situation donnée, à un moment donné, à sa limite de gestion des capacités physiques, cognitives ou émotionnelle, on est en état de stress. Notre système nerveux central, se trouve complètement perturbé et n’a plus de réponse, il va mettre en œuvre un maximum d'éléments de capacité dans notre être pour pouvoir trouver la réponse. A ce moment de mise en œuvre optimale, est un moment d'adaptation et d'évolution important, intéressant mais si on le dépasse, là il devient problématique.

Donc, la clé réside dans le fait de ne pas gaspiller le temps qui passe pour mettre en œuvre cette dynamique de disciple, et s'il y a un moment où cette dynamique a disparu et que la puissance des productions et des informations emmènent la personne, si la personne n'a pas trouvé la fin de la vie dans cet emportement et que cette personne redevient disciple, et bien, elle devient riche de cette expérience. Ceci posé, il n'est pas utile de laisser l'esprit du disciple s'endormir pour dire, " je vais refaire des expériences", ce serait dommageable par rapport au temps qui passe, à l’impermanence. Il n’y a donc pas d'autre choix d'être cohérent avec son appel intérieur, cette notion de résonance que j'ai évoquée au début de la conférence.

Est-ce que j’ai répondu à la question ?

Y a-t-il une autre question ?

La notion de créativité dans la voie, dans quel domaine s’applique-t-elle ?

Moins l’être est enfermé dans ses concepts qui le constituent, plus cet être capte par ses six sens, puis devient sensible, moins il est emporté par ses filtres et ses peurs, plus il devient sensible, plus les informations dans son être circulent, plus il capte, plus tout cela se rassemble, et, par le processus de de l'assemblage des informations apparaissent des nouveaux concepts, de nouvelles formes, si des concepts sont incarnées ou qu'on les incarne, non pas dans la chair, mais dans la matière, en séparant chair et matière, par exemple si on parle d'un morceau de bois afin de créer quelque chose.

Maintenant concernant les domaines d'application : c’est à tout instant, il peut apparaître une incarnation de cette créativité, de cette intelligence, qui de différentes informations qui s'agglutinent créent, donc il n'y a aucun domaine qui ne puisse échapper à ça. C'est d’instant en instant que cette créativité peut se mettre en action. C'est une capacité que l'Homo sapiens a.

Est-ce que la réponse convient à la question ?

Une autre question ?

Qui ou quoi définit qu'une personne est disciple d’une voie ?

Toute personne, qui elle-même est dans cette incarnation dans cette vibration dans cette cohérence, donc c'est soit un disciple d’une VOIE soit un transmetteur d’une VOIE.

Merci de votre attention.

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